Les forêts tropicales

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Les forêts tropicales

Message par Géo34 le Sam 8 Oct 2011 - 2:04

Chapitre 2 : Milieux « naturels » maniables.

Les milieux de forêts tropicales et de savanes sont dits maniables contrairement aux milieux difficiles comme les déserts et les montagnes. Ce sont des environnements originaux. La faune et la flore y sont diversifiés mais les reliefs sont émoussés, peu importants. Ce sont des milieux humides, d’où une météorisation importante.

I. Les rythmes de la pluie.

1. Simplicité des régimes pluviométriques.

Amazonie : climat équatorial : pas de saison sèche
Calcutta : climat tropical : saison sèche de quelques mois
Bamako : climat tropical : saison sèche d’une semaine

Dans ces milieux, il n’y a pas d’hiver, la température moyenne est de 25-30°, les précipitations sont abondantes (200 à 300mm/mois) pour le climat équatorial.
Pour le climat tropical, pas d’hiver, précipitations irrégulières (13 à 50mm/mois en hiver mais 200mm/mois en été), température irrégulière (20 à 35°).
On remarque aussi un climat tropical décalé dans les zones semi-arides.
La saison des pluies est aussi appelé l’hivernage. La latitude influe sur les climats.

Abidjan : Climat équatorial, pas de saison sèche, 2 maximas de précipitations aux équinoxes.
Majanga : Tropical classique, 1 maximum au solstice d’hiver et pas de pluie de mai à septembre.

2. Les 4 bioclimats.

• Tropical sec ou semi aride (400 à 1000 mm)
• Tropical contrasté (1500mm)
• Tropical humide
• Subéquatorial équatorial (+2000mm)
Le nombre de mois sec est différent selon le climat. Chaque bioclimat à un type de sol particulier (rouge dans les zones arides, belge dans le tropical sec, ferrallique plus ou moins lessivé dans les zones humides)
La végétation y est aussi différente. Dans les zones humides, on trouve des forêts ombrophiles et mésophiles, puis des forets sèche dans le tropical contrasté, de la brousse dans le tropical sec et de la steppe dans le tropical semi aride.

3. L’eau dans le sol.

Il faut que l’eau arrive au sol or dans les forêts tropicales, il fait chaud et la canopée est dense. L’infiltration y est donc faible. Cette eau alimente la végétation. La saison sèche fait souffrir la végétation avec pluies inférieures à 200mm.
Le bilan de l’eau :
Septembre à Décembre : saison des pluies mais peu de stockage
Décembre à Mars : sol rempli d’eau après le temps de réponse
Mars à Juillet : l’eau stocker soutient la végétation, eau qui va progressivement s’épuisée, cours d’eau qui rentrent dans la période d’étillage
Juillet à Septembre : sol et cours d’eau à sec, irrigation à partir de puits.
L’eau peut exercer une forte altération du sous sol. La météorisation est forte car les pluies sont abondantes et la température moyenne est élevée. Cette eau est chargé en acide, d’où la forte météorisation dans les reliefs karstiques (pain de sucre, baie d’Along). Lessivage et lixiviation forte.

La lixiviation, c’est l’entrainement mécanique vers les profondeurs des sels minéraux grâce à l’eau. Il y a donc des zones appauvris en sels proche de la surface au détriment de zones en excès de sel en profondeur, sels pourtant utiles à la croissance des plantes.
Le lessivage est le processus mécanique qui entraine les particules sédimentaires vers les profondeurs (limons, argiles). Ces processus sont dus aux eaux gravitaires qui s’écoulent par la gravité.






Profil du sol en zone tropicale humide :

Profil d’altération sur roche granitoïdes en région tropical humide.
Potentiel agricole limité car l’humus et la litière végétale est épaisse de 20cm. Procédé de gonflage des sols.
En zone tropical sèche, on trouve des sols ferragineux, avec une forte montée du fer car la température est élevée. Elles donnent naissance à d’autres types de concrétions dont les pisolithes.
En zone semi aride, on trouve des fersiasols, processus de fersialitisation (remontée d’oxyde de fer). Le lessivage et la lixiviation sont peu fréquents donc le sol est rouge ocre. Potentiel agricole quasi nul.

II. L’exubérance de la vie.

1. La diversité forestière.

On distingue les forêts primaires et les forêts secondaires.
Dans les forêts primaires, il y a 3 grands types de forêts :
• Forêt ombrophile
• Forêt mésophile
• Forêt tropophile
On note donc une grande diversité dans les forêts tropicales.
Il faut seulement 10 ans pour qu’un arbre gagne 6m de haut car les conditions d’humidité et de température sont propices à une croissance rapide. Les forêts amazonienne et de Bornéo sont les plus vastes du monde.

La gamme de forêt primaire est la suivante :
• La forêt ombrophile est une forêt qui aime la pluie, on les trouve dans les zones équatoriales. Le feuillage est sempervivant, continue et dense. Les troncs sont élevés et la lumière a du mal à arriver jusqu’au sol. La canopée est d’environ 40m. Il y a peu de sous bois, la forêt est donc accessible au sol. Il y a beaucoup de mousse. Les arbres ont des racines peu profondes pour capter l’essentiel des nutriments dans les couches superficielles du sol. L’humidité de surface leur donne l’eau nécessaire. Ces arbres sont surnommés : colosses aux pieds d’argile. On trouve peu d’herbacés et beaucoup d’épiphytes, végétaux qui prennent naissance à partir d’autres végétaux. Ce type de forêt a besoin d’une température et d’une humidité constante.

• La forêt mésophile est une forêt qui aime le changement car elle tolère les mois sec, l’écosystème y est différent. La forêt est relativement dense et la canopée est de 35-40m. Il y a des arbres sempervivant mais aussi des caducifolié avec une perte des feuilles. Les épiphytes et les lianes sont abondantes. Il y a aussi des strates arbustives intermédiaires. C’est une forêt sombre. La silvigénèse est possible (naissance, puis mort des plantes…)

• La forêt tropophile se trouve le tropical sec, appelé aussi forêt sèche (500 à 1200mm de précipitations). Beaucoup de strates arbustives. La canopée est de 20m, les arbres sont donc plus petits mais les racines sont plus profondes. Il y a peu de sempervivant, juste du caducifolié et des herbacés. Le sous bois est donc plus dense. C’est le début de la brousse ou forêt épineuse, puis de la savane dans les zones encore plus arides.


Brousse Savane
Les forêts secondaires sont les forêts primaires détruites naturellement ou par l’homme.

Elle peut redevenir une forêt primaire au fil du temps.
Il existe aussi des forêts littorales appelées les mangroves avec les pieds dans la vase et soumise aux marées. L’espèce dominante est le palétuvier. La disparation de ces mangroves entraine une plus forte érosion du littoral. C’est une forêt impénétrable.


2. La faune terrestre et aquatique.

Il y a une stratification des espèces en fonction de la hauteur (oiseaux, singes, insectes…). Il s’agit d’un écosystème dense. Au niveau aquatique, on trouve des crocodiles, des piranhas…
Mais les petites bêtes sont les plus dangereuses comme la mouche Tsé Tsé ou « glossina » qui transmet la maladie du sommeil à couche du germe tryponosoma qui donne la maladie trypanosomiase, les moustiques transmet le paludisme, puis il y a les serpents, araignées et autres grenouilles vénéneuses. Elles transmettent de nombreuses maladies tropicales.
Les petits insectes du sol comme les thermites, lombric, ver de terre, acariens entrainent un appauvrissement des sols car ils consomment les nutriments se trouvant à la surface.

3. Des sols médiocres.

(Voir profil)
Malgré une forêt luxuriante, riche, les sols sont médiocres et appauvris à cause de la canopée qui est une barrière au soleil et aux pluies mais aussi à cause des insectes mais aussi à cause de la lixiviation qui entraine les sels en profondeur. L’humus est peu développé.


III. Formes dans les domaines tropicaux humides.

La végétation dense entraine une érosion verticale faible. La végétation domine sur le relief. Il n’y a pas de grands ensembles morphologiques. Dans les zones tropicales humides, il n’y a pas de ruissellement de surface sauf dans les parcelles cultivés.
C’est la végétation qui domine sur le relief et non l’inverse.

1. Une érosion verticale faible.

A. L’érosion hydrique.

Dans le tropical humide, il y a peu de ruissellement de surface car il y a une forte interception de la canopée et de la litière végétale dense. Cette érosion est soit diffuse en surface soit concentrée avec une formation de rigoles : les ravines (ou bad lands) avec des entailles : les gullys et variables en fonction du taux de végétation. Les hommes ont créé des radiers en branches pour faire obstacle aux ruissellements dans les ravines. C’est la partie superficielle du sol qui disparait.

La plantation de végétation peut ralentir l’érosion du sol. Les OMG fabriquent des radiers pour reboucher les ravines. (Oxfam, Water Aid).
B. Les cours d’eau.

Les cours d’eau sont méandriformes ou anastomosés, peu inciseux avec des phénomènes d’exhaussement du plancher alluvial avec de vastes plaines d’inondations.



2. Le dégagement des formes.

C’est un procédé spécifique au domaine tropical. Les formes les plus connues sont les demi-oranges, collines convexes possédant des flancs raides (20 à 25°). Elles naissant du dégagement de l’altérite sous l’action de l’eau, c’est l’érosion de l’altérite. .


Il y a aussi les fameux pains de sucre. Le pain de sucre est une roche saine. L’altérite se détruit petit à petit. Il s’agit d’une érosion différentielle des roches les moins résistances par rapport au noyau dur. C’est une évolution lente du pain de sucre.
Il y aussi les karts tropicaux en Asie du Sud Est, dans le sud de l’Australie où les processus d’évolution sont beaucoup plus importants à cause de l’eau et de la chaleur. Il s’agit de la dissolution du calcaire, de la dolomite et de la gibbsite comme les pointements calcaires de Tsingy.



Conclusion :
Ces espaces ne sont pas défavorables à l’homme. Ils peuvent être mis en valeur car ce sont des espaces riches.
Mais le recul des forêts tropicales se fait sentir à cause de la pression démographique et à causes des activités humaines (sylviculture).
Les conséquences sont une déforestation inexorable et irréversible.
La disparition des arbres entraine une diminution de l’épaisseur de l’humus, donc lessivage du sol et érosion hydrique plus importante, elle entraine une baisse des espèces végétales et animales.
 APPAUVRISSEMENT DES FORETS TROPICALES ET EQUATORIALES.

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Message par johan le Sam 8 Oct 2011 - 2:50

Cours très intéressant Smile
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Message par Géo34 le Sam 8 Oct 2011 - 12:55

Merci Smile

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